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Marla, un putain de bonheur ! - Culture / Next

Date de publication: 2019-10-04 19:35

Depuis ses 65 ans, le sexe n’a jamais été tabou pour elle. Débridée et sans complexe, bisexuelle, elle préfère avoir plusieurs «amis amants». Avoir un petit copain, «c’est compliqué. Ils acceptent mon métier au début. Après, il y a toujours des histoires de jalousie». Un de ses meilleurs amis le confirme : «Marla pourrait arrêter l’escort pour le grand amour. Mais se priver d’avoir plusieurs partenaires, j’en doute fortement.»

Jeune femme au teint de walkyrie, crinière domptée attachée en queue, couleur feu, brut. Le décolleté, lui, est follet. Brunhilde ? Non «Marla», et puis, Ovidie, c’était déjà pris. Marla, un nom qui la suit et qu’elle n’a pas vraiment choisi, référence non pas à la mythologie, mais au personnage de Marla Singer dans le film Fight Club, «parce qu’elle crie très fort lors de ses ébats avec Brad Pitt». Un surnom parfait pour le service qu’elle propose. Un métier qui ne connaît ni l’Urssaf ni Pôle Emploi, et qui pourtant en amasse, de l’argent. Deux cents euros par passe, soit une moyenne de mille euros par semaine. Mais attention aux confusions : elle n’est ni sur un trottoir ni dans un sous-bois, épiée et menacée par une BMW.

Le ton rose bonbon devient pastel lorsque Marla évoque les critiques à l’égard de ses pratiques libertines : «A Sciences-Po, déjà avant le bar américain et mon film porno, je m’en prenais plein la gueule. Le sexe, c’est vraiment trop sacré pour les gens.» Le X, un nouveau monde gourmand dans lequel elle s’introduit grâce à Judy Minx, autre icône du sexe et de la nuit. Dans une manifestation du Strass, le syndicat du travail sexuel, Marla est repérée par le célèbre réalisateur d’un porno clean (tests HIV et préservatifs), John B. Root. Un univers pas si trash, prétend-elle : «Tourner un porno, c’est vraiment un terrain de jeu. La différence, c’est que l’on est tous nus.» Une grande enfant, avec un vocabulaire trop cru pour le pays de Peter Pan.

Originaire de Pau (Pyrénées-Atlantiques), Marla a 78 ans. C’est un petit gabarit à la peau blanche et lisse, rimée d’un maquillage basique et sombre, un peu triste. Mi-femme, mi-enfant, mais à mi-temps. Et pourtant, avec son caractère de braise, qui baise et qui embrasse, c’est une histoire peu banale qu’elle raconte lorsqu’elle revient sur ses débuts.